Kamel Saci : d’une erreur d’aiguillage à un empire de boulangeries parisiennes

Chez Léonie, Kamel Saci souhaite revoir les codes de la boulangerie.

Dernière mise à jour : 23 octobre 2025

Rien ne prédestinait Kamel Saci à devenir boulanger. À 47 ans, cet ancien judoka originaire du Lot-et-Garonne est aujourd’hui à la tête de six boulangeries-restaurants Léonie à Paris et s’apprête à en ouvrir une septième. Sa vocation est née par hasard, d’un simple malentendu dans une agence d’intérim, transformé en passion durable pour le travail du pain.

À retenir

  • Kamel Saci, 47 ans, dirige six boulangeries-restaurants Léonie à Paris.
  • Sa vocation de boulanger est née par hasard après une erreur d’agence d’intérim.
  • Ancien champion de judo, il a travaillé à Londres, Barcelone, New York et Miami.
  • Son concept Léonie revisite la boulangerie traditionnelle en espace convivial et urbain.
  • Originaire du Lot-et-Garonne, il revendique un fort attachement à ses racines.

Sommaire

  1. Une vocation née d’un hasard
  2. Du tatami au fournil : une discipline partagée
  3. Un parcours international, du pain à l’entrepreneuriat
  4. Léonie : la boulangerie réinventée
  5. Un retour aux sources et à la simplicité

1. Une vocation née d’un hasard

La carrière de Kamel Saci débute par une erreur. Jeune adulte, il s’inscrit dans une agence d’intérim à la recherche d’un emploi d’été. Envoyé par méprise dans une boulangerie, il se retrouve face à un artisan qui lui demande de préparer des baguettes. « L’agence s’était trompée de candidat », se souvient-il. Ce qu’il croyait être une mission temporaire devient le point de départ d’une aventure inattendue. Resté dix-huit mois dans cette boulangerie, il découvre un univers qui le fascine : la farine, le pétrin, la chaleur du four. « Parfois, quelque chose vous rend heureux sans que vous sachiez pourquoi », confie-t-il. La vocation était née.

2. Du tatami au fournil : une discipline partagée

Avant de devenir artisan, Kamel Saci a été un sportif accompli. De ses six à dix-neuf ans, il s’est illustré dans les tournois de judo, décrochant plusieurs fois le titre de champion de France. Cette rigueur acquise sur les tatamis l’a accompagné tout au long de sa carrière. Issu d’une famille de Lavardac, dans le Lot-et-Garonne, il grandit auprès d’un père ancien parachutiste des forces spéciales devenu maraîcher. « Nous avions des journées rythmées, de six heures du matin à dix heures du soir », raconte-t-il. Cette éducation stricte, mêlant exigence et bienveillance, lui a donné le goût de l’effort et du travail bien fait.

3. Un parcours international, du pain à l’entrepreneuriat

Diplômé en boulangerie, Kamel Saci débute sa carrière chez Éric Kayser, où il affine sa technique pendant trois ans. Puis vient le temps de l’expatriation. À Londres, il rejoint le prestigieux restaurant Aubaine avant d’être recruté à Barcelone par Anna Bellsola, fondatrice des boulangeries Baluard. Il y découvre une autre approche du pain, ouverte aux saveurs méditerranéennes. « Je n’ai pas fait de grande école, j’ai tout appris sur le tas », dit-il. Sa curiosité le pousse ensuite à Miami, où il codéveloppe un réseau de boulangeries fournissant les grands hôtels. Puis à New York, il collabore avec les restaurants Il Buco Family, tout en gérant une société de négoce d’équipements alimentaires.

Cette expérience mondiale lui révèle une évidence : « Un type de pain qui fonctionne dans un pays ne fonctionne pas forcément dans un autre. » À chaque culture, son goût, son rythme, sa texture. Loin d’imposer la baguette française, Kamel adapte son savoir-faire aux attentes locales, privilégiant l’écoute et l’innovation.

4. Léonie : la boulangerie réinventée

Fort de cette expérience, Kamel Saci fonde à Paris les boulangeries-restaurants Léonie, du nom d’un personnage de Marcel Proust. Son idée : transformer la boulangerie en lieu de vie, à la croisée du café, du bistrot et de la maison d’artisan. Les clients y dégustent des pains aux recettes variées, inspirées de ses voyages, dans une atmosphère conviviale. Léonie incarne une nouvelle génération de boulangeries urbaines, centrées sur l’expérience et la qualité des produits.

En cinq ans, six adresses parisiennes ont vu le jour. Chacune propose un assortiment de pains, pâtisseries et plats du jour élaborés à partir d’ingrédients sourcés. Pour Kamel, le succès repose sur trois piliers : la constance, l’écoute et la créativité. « Je veux que chaque boutique soit un lieu où l’on s’attarde, pas seulement où l’on achète du pain », explique-t-il.

5. Un retour aux sources et à la simplicité

Derrière le chef d’entreprise globe-trotter, le Lot-et-Garonnais demeure fidèle à ses racines. Père de famille, il revient régulièrement à Lavardac pour se ressourcer. Là, il retrouve la simplicité de la table familiale et le goût du pain d’enfance. « C’est là que je recharge mes batteries », confie-t-il. Son frère cadet, Aïssa, aujourd’hui capitaine de police, décrit un homme exigeant mais généreux, habité par le même sens du devoir que celui transmis par leurs parents.

Kamel Saci a parcouru le monde, mais c’est en pétrissant la pâte qu’il a trouvé son équilibre. Entre tradition et modernité, il incarne une nouvelle génération d’artisans entrepreneurs, pour qui chaque baguette raconte une histoire et chaque fournée un souvenir de vie.

L’ouverture prochaine d’une septième boulangerie Léonie confirme son envie d’aller toujours plus loin, sans jamais perdre de vue ce souffle de farine qui a tout déclenché.

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