Dernière mise à jour : 23 octobre 2025
Mardi 21 octobre 2025, les représentants syndicaux de la CGT se sont rassemblés devant le siège du Groupe Blachère à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône).
Objectif : dénoncer des salaires jugés trop bas, un manque de reconnaissance et des conditions de travail dégradées au sein de la célèbre chaîne de boulangeries Marie Blachère. Après une réunion avec la direction, les discussions n’ont débouché sur aucun accord concret. Une nouvelle mobilisation est déjà prévue le 24 novembre, lors de la cinquième et dernière séance de négociation annuelle obligatoire (NAO).
Sommaire
- Une première manifestation historique devant le siège
- Des revendications centrées sur les salaires et les conditions de travail
- Des salariés déçus par l’absence d’avancées
- Une direction prudente, une CGT déterminée
- Prochaine étape : la cinquième réunion des NAO en novembre
1. Une première manifestation historique devant le siège
C’est une première dans l’histoire du groupe. Une dizaine de syndicalistes CGT, accompagnés de représentants de l’Union départementale du Vaucluse, ont manifesté devant le siège de Marie Blachère à Châteaurenard.
Autocollants et banderoles à la main, ils ont symboliquement marqué leur mécontentement sur le panneau d’entrée du groupe.
Cette mobilisation coïncidait avec la quatrième réunion des négociations annuelles obligatoires (NAO), un moment clé pour discuter des salaires et des conditions de travail des 13 000 employés du groupe, répartis dans près de 850 boulangeries en France.
2. Des revendications centrées sur les salaires et les conditions de travail
Les représentants syndicaux réclament une revalorisation générale des salaires de 4 % (plafonnée à 150 €), une hausse de la prime d’ancienneté de 20 € par palier, une augmentation de la prime de salissure, davantage d’embauches en CDI et une amélioration des conditions de travail.
« Les équipes sont épuisées, la charge de travail n’est plus tenable », déplore Nathalie Pascal, déléguée syndicale CGT à Pézenas (Hérault). « Les salariés sont investis, mais ils n’ont pas la reconnaissance qu’ils méritent. »
3. Des salariés déçus par l’absence d’avancées
À la sortie de la réunion, la déception dominait. « Il n’y a pas eu d’avancée », a résumé Nathalie Pascal. Selon la direction, le « contexte économique actuel » ne permettrait pas d’accorder les augmentations demandées. Une explication que les syndicalistes jugent inacceptable : « Comment justifier un tel blocage quand le groupe ouvre entre 40 et 50 nouveaux points de vente chaque année ? », s’interroge l’un d’eux.
Jean-Pierre Beguin, responsable de production à Digne-les-Bains depuis 2010, confie n’avoir pas reçu d’augmentation qu’une seule fois en quinze ans. « On me dit toujours que ce n’est pas le bon moment. Pourtant, les chiffres du groupe prouvent le contraire. »
4. Une direction prudente, une CGT déterminée
Le directeur des ressources humaines, Marc Catelan, s’est dit « surpris par la démarche correcte » des syndicalistes, tout en soulignant que « le dialogue social fait partie de l’histoire du groupe ». La réunion s’est déroulée dans le calme, mais sans avancées majeures.
La direction a accordé un accord verbal sur quelques points secondaires : elle augmente de 25 % la prime de salissure (actuellement de 46 centimes), relève sa participation à la mutuelle à 65 % et revalorise de 10 % par palier la prime d’ancienneté.
En revanche, elle écarte les revendications principales des syndicats, notamment la hausse générale des salaires et la réduction de la charge de travail.
5. Prochaine étape : la cinquième réunion des NAO en novembre
Le dialogue n’est pas rompu, mais la tension reste palpable. La cinquième et dernière réunion des NAO est fixée au 24 novembre. La direction s’est engagée à transmettre les demandes à ses décideurs avant cette échéance.
En attendant, la CGT promet de revenir en force si les propositions ne répondent pas aux attentes. « Les salariés veulent être entendus et respectés. Nous reviendrons s’il le faut », a conclu Nathalie Pascal.
Cette mobilisation témoigne d’un malaise grandissant dans le secteur de la boulangerie industrielle, où la recherche de rentabilité se heurte de plus en plus aux réalités humaines du métier.