Conflit autour du nom “Copains” : la boulangerie belge défend sa marque face à l’expansion française

Copains boulangerie façade

Dernière mise à jour : 27 octobre 2025

La tension monte entre les deux enseignes boulangères baptisées “Copains”. Le groupe belge, détenteur de la marque depuis 2019, s’oppose à l’arrivée de la version parisienne à Bruxelles. Le différend tourne autour d’un nom devenu symbole de convivialité et d’artisanat.

À retenir

  • Le groupe belge Copains détient la marque depuis 2019 pour le Benelux.
  • Le groupe français Copains souhaite s’implanter à Bruxelles et Londres.
  • Olivier de Cartier, co-CEO du groupe belge, dénonce une atteinte à ses droits.
  • Un conflit juridique autour du risque de confusion entre les deux enseignes est en cours.

Sommaire

  1. 1. Deux “Copains” pour un même nom
  2. 2. Une réaction ferme du groupe belge
  3. 3. Un risque de confusion entre marques
  4. 4. Les arguments juridiques en présence
  5. 5. Un nom convoité dans le monde de la boulangerie

1. Deux “Copains” pour un même nom

La controverse oppose deux groupes actifs dans le secteur de la boulangerie.

Le premier, Copains Belgique, fondé en 2020, commercialise ses pains artisanaux dans plus de 200 points de vente (Delhaize, Carrefour, Spar, Intermarché).

La marque, déposée dès 2019, s’est rapidement imposée comme une référence dans la grande distribution.

En face, Copains Paris, enseigne française née après la crise sanitaire, s’est développée autour du pain bio et sans gluten.

Présente à Paris et Lyon, la marque compte 17 boutiques et affiche des ambitions internationales, avec une première ouverture à Londres et plusieurs projets à Bruxelles.

2. Une réaction ferme du groupe belge

L’annonce de l’arrivée du groupe français à Bruxelles a fait bondir le groupe wallon.

« Nous allons réagir de manière forte et très claire, pour nous opposer formellement à ce que nos droits soient bafoués », déclare Olivier de Cartier, co-CEO de Copains.

Le dirigeant confirme qu’un courrier officiel est en préparation afin d’exiger le respect de la marque enregistrée.

« Nous détenons la marque au Benelux et n’avons jamais été en négociations avec Copains Paris », insiste-t-il. L’entreprise, candidate au titre de scale-up de l’année 2024, estime que cette situation porte atteinte à son identité et à son travail de plusieurs années.

3. Un risque de confusion entre marques

Le groupe belge redoute une confusion pour les consommateurs et les distributeurs. Les deux enseignes opèrent dans le même univers, partagent une esthétique similaire et s’adressent à un public sensible à l’artisanat et à la qualité du pain.

« Il y a un risque de confusion manifeste, de dissonance complète », alerte Olivier de Cartier. « On ne peut pas se laisser marcher sur les pieds par des gens qui débarquent sans faire attention. »

Les produits Copains sont déjà présents à Bruxelles sous cette marque, ce qui pourrait amplifier la confusion si l’enseigne française venait à ouvrir des points de vente sous le même nom.

4. Les arguments juridiques en présence

Selon Philippe Campolini, avocat en propriété intellectuelle au cabinet Stibbe, la situation est claire.

On compare les produits et services enregistrés, pas uniquement les activités en pratique.

Si les marques sont identiques pour des produits similaires, le risque de confusion est évident.

Le groupe wallon a enregistré la marque COPAINS en décembre 2019 pour le Benelux, couvrant les produits de boulangerie et la fabrication sur commande.

Le groupe français, quant à lui, a étendu sa marque en février 2025 à plusieurs territoires, dont le Benelux. Une extension qui pourrait être contestée. « Les belges seraient fondés à demander l’annulation de l’enregistrement du concurrent », estime l’expert.

5. Un nom convoité dans le monde de la boulangerie

Le terme “Copains”, à la fois simple et évocateur, symbolise la convivialité et le partage. Il séduit autant les entrepreneurs que les consommateurs. Mais cette popularité accroît aussi les risques de conflit.

Ce n’est pas la première fois que le groupe wallon doit défendre sa marque. Il a déjà obtenu gain de cause face à d’autres tentatives d’utilisation du nom.

Reste à savoir si cette nouvelle opposition se résoudra à l’amiable ou devant les tribunaux. En attendant, le groupe belge affirme qu’il ira « jusqu’au bout » pour protéger son identité.

Dans cette bataille de noms, les “Copains” ne sont plus vraiment amis.

La décision juridique à venir dira si la Belgique peut accueillir deux boulangeries portant le même nom, ou si l’une d’elles devra revoir son enseigne.

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