Dernière mise à jour : 23 octobre 2025
À Reims, la boulangerie Emendi, située au 17 place Jean-Moulin dans le quartier Europe, a fait l’objet d’une fermeture administrative ordonnée par la préfecture de la Marne après un contrôle sanitaire inopiné réalisé le 24 septembre 2025. L’inspection, menée par les services de la direction départementale de la protection des populations (DDPP), a révélé de nombreuses non-conformités d’hygiène et de sécurité alimentaire, dont la présence de blattes dans les zones de fabrication.
À retenir
- Fermeture administrative ordonnée par la préfecture de la Marne le 1er octobre 2025.
- De graves manquements constatés : présence de blattes, hygiène insuffisante, stockage non conforme.
- L’établissement ne pourra rouvrir qu’après correction complète et nouvelle inspection.
- Malgré la décision, la boulangerie a continué d’accueillir des clients le 2 octobre, s’exposant à des sanctions pénales.
Sommaire
- Un contrôle sanitaire accablant
- Une fermeture administrative immédiate
- Le boulanger conteste et reste ouvert
- Une mise en garde ferme de la préfecture
- Un rappel à la réglementation sanitaire
1. Un contrôle sanitaire accablant
Lors de la visite du 24 septembre, les inspecteurs de la DDPP ont relevé de multiples infractions aux règles d’hygiène alimentaire. Le rapport fait état de la présence de nombreuses blattes dans les zones de plonge et de cuisson des viennoiseries, d’une hygiène du personnel insuffisante, et d’un défaut d’information du consommateur sur les allergènes obligatoires. D’autres manquements ont été relevés : une maintenance défaillante des équipements, des conditions de stockage non maîtrisées, et la réutilisation de contenants à usage unique pour les denrées alimentaires.
Ces non-conformités constituent des infractions au Code rural et à la réglementation européenne sur la sécurité sanitaire des aliments, rendant nécessaire une action immédiate pour protéger la santé publique.
2. Une fermeture administrative immédiate
Face à la gravité des constats, la préfecture de la Marne a prononcé la fermeture administrative immédiate de la boulangerie Emendi. L’arrêté, notifié au gérant le 1er octobre à 18 heures, impose la cessation d’activité jusqu’à ce que toutes les non-conformités soient corrigées et validées par un nouveau contrôle. Cette procédure, encadrée par le Code de la consommation, vise à éviter tout risque pour les consommateurs tant que la salubrité des locaux n’est pas garantie.
Dans un communiqué, la préfecture a précisé : « La réouverture ne pourra intervenir qu’après que l’exploitant aura corrigé l’ensemble des manquements et à la suite d’une nouvelle visite de contrôle. »
3. Le boulanger conteste et reste ouvert
Malgré la notification officielle de fermeture, la boulangerie Emendi était encore ouverte au public le lendemain, jeudi 2 octobre, comme l’a constaté un journaliste sur place. Le commerce servait toujours ses clients en après-midi, affichant seulement une pancarte annonçant une fermeture « pour travaux » du 3 au 11 octobre. Cette situation contrevient directement à l’arrêté préfectoral en vigueur.
Contacté par téléphone, le gérant a minimisé les faits, évoquant « un peu de poussière liée à des travaux dans la boucherie voisine ». Selon lui, les deux commerces ne sont séparés que par un rideau, ce qui aurait expliqué la salissure observée. Il n’a en revanche pas répondu aux accusations concernant la présence d’insectes ni aux autres anomalies relevées par les inspecteurs.
4. Une mise en garde ferme de la préfecture
Informés du maintien d’activité, les agents des services sanitaires, accompagnés par la police, se sont rendus sur place dans l’après-midi du 2 octobre. Ils ont rappelé au boulanger qu’il s’exposait à des sanctions pénales en ne respectant pas l’arrêté préfectoral. Selon la préfecture, le non-respect d’une mesure administrative de fermeture est passible de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.
La préfecture a indiqué se réserver la possibilité de transmettre le dossier au procureur de la République de Reims pour d’éventuelles suites judiciaires. Une nouvelle inspection est prévue afin de vérifier la conformité des locaux et le respect des obligations réglementaires.
5. Un rappel à la réglementation sanitaire
En France, la réglementation impose aux établissements manipulant des denrées alimentaires de respecter des normes strictes en matière d’hygiène, de traçabilité et d’entretien des équipements. Les contrôles sont effectués par la DDPP, dont la mission est d’assurer la sécurité sanitaire des aliments destinés à la consommation humaine.
Les manquements observés à Reims illustrent les risques encourus lorsque ces règles ne sont pas respectées. Ils rappellent aussi la nécessité, pour chaque commerçant, de maintenir des standards élevés d’hygiène et de transparence vis-à-vis des consommateurs. Ces contrôles, bien qu’exigeants, participent à la confiance dans les circuits alimentaires et à la protection de la santé publique.
La boulangerie Emendi devra désormais corriger l’ensemble des infractions avant d’envisager une éventuelle réouverture. Les services sanitaires continueront de suivre la situation de près afin de garantir la conformité du commerce aux normes en vigueur.