Dernière mise à jour : 23 octobre 2025
En bref
- Les cinq boulangeries Nadal, implantées à Orléans, Fleury-les-Aubrais et Olivet, sont mises en vente depuis septembre 2025.
- Le dirigeant, Christophe Nadal, pointe la hausse des coûts de l’énergie, du chocolat et des loyers, ainsi qu’une baisse de fréquentation.
- Vingt salariés ont déjà été licenciés sur une cinquantaine afin d’alléger la masse salariale.
- Le magasin des Halles d’Orléans accuse cinq mois de retard de loyers et a dû fermer le dimanche et les jours fériés.
- Une promesse de vente a été conclue pour la boulangerie de Fleury-les-Aubrais, ouverte en 2013.
- Le groupe Nadal, fondé en 1994, reste ouvert à différentes propositions de rachat, y compris hors secteur boulangerie.
Sommaire
- 1. Une situation financière devenue intenable
- 2. La hausse des charges pèse lourdement
- 3. Réduction d’effectifs et fermetures partielles
- 4. Des propositions de rachat en cours
- 5. Un groupe familial fragilisé depuis 2020
- 6. Quel avenir pour les boulangeries Nadal ?
1. Une situation financière devenue intenable
Les cinq boulangeries Nadal, réparties entre Orléans, Fleury-les-Aubrais et Olivet, sont officiellement mises en vente. Leur dirigeant, Christophe Nadal, explique que la conjoncture actuelle rend la poursuite de l’activité trop difficile.
Entre l’augmentation des coûts de production, des loyers, la baisse de fréquentation et une concurrence accrue, les comptes ne permettent plus de maintenir l’équilibre. L’entreprise a déjà été contrainte de se séparer de vingt salariés sur une cinquantaine afin d’alléger les charges sociales.
2. La hausse des charges pèse lourdement
Depuis 2020, le prix de l’énergie a fortement augmenté, représentant un surcoût de près de 180 000 euros en deux ans. Les fours, les chambres froides et les équipements électriques nécessaires à la production pèsent désormais lourdement sur le budget. À cela s’ajoute une forte augmentation du prix du chocolat, ingrédient essentiel pour les viennoiseries.
Enfin, l’indice de construction appliqué aux loyers a provoqué une hausse brutale : le loyer du magasin des Halles est passé de 9 200 euros en 2022 à 11 200 euros en 2025, soit une augmentation de 21 % en trois ans. Résultat, ce site accuse cinq mois de retard de paiement.
3. Réduction d’effectifs et fermetures partielles
Pour réduire ses coûts, Christophe Nadal a procédé au licenciement de vingt salariés. Cette décision représente une économie directe sur les salaires et charges, mais a des conséquences sur le fonctionnement des magasins. À Orléans-La Source, l’équipe est passée de huit à quatre personnes, ce qui rend plus difficile le maintien de l’offre habituelle.
La boulangerie des Halles a dû, de son côté, fermer ses portes le dimanche et les jours fériés. Ces ajustements sont vécus comme un mal nécessaire pour tenter de redresser la situation financière.
4. Des propositions de rachat en cours
Malgré ces difficultés, des repreneurs potentiels se sont déjà manifestés. Une promesse de vente a été signée pour la boulangerie de Fleury-les-Aubrais, ouverte en 2013. Pour les autres sites, des chaînes spécialisées en boulangerie ont pris contact, mais Christophe Nadal n’exclut pas d’autres profils, comme des restaurateurs.
Son objectif est de trouver une issue qui permette de sauver les emplois restants et de préserver la présence commerciale dans ces quartiers. Toutefois, aucune transaction n’est encore finalisée, et l’avenir du groupe reste suspendu à des offres concrètes.
5. Un groupe familial fragilisé depuis 2020
Fondée en 1994 en tant que SARL, l’entreprise Nadal avait connu un développement constant dans l’agglomération orléanaise. Mais la crise énergétique et les hausses successives de loyers ont fragilisé sa trésorerie à partir de 2020. L’année 2023 a marqué un tournant avec l’explosion de l’indice de construction, qui a directement renchéri les loyers commerciaux.
Le modèle économique, jusque-là équilibré, n’a pas résisté à cette accumulation de charges. Aujourd’hui, les difficultés financières s’expriment aussi par des procédures de redressement judiciaire, notamment pour le magasin d’Orléans-La Source.
6. Quel avenir pour les boulangeries Nadal ?
Malgré la gravité de la situation, Christophe Nadal garde un espoir de redresser ses comptes grâce à la réduction d’effectifs et aux fermetures partielles. Il estime que ces mesures permettront d’économiser suffisamment pour éponger une partie des dettes d’ici la fin de l’année. Mais sans repreneur solide, l’incertitude reste totale.
Les boulangeries Nadal continuent de fonctionner au quotidien, mais l’avenir dépend désormais des négociations en cours et de la capacité du dirigeant à trouver une solution viable pour assurer la pérennité de l’enseigne.
L’affaire des boulangeries Nadal illustre les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux artisans boulangers face à l’inflation, aux coûts de l’énergie et aux loyers commerciaux. Dans le Loiret, comme ailleurs, c’est tout un modèle économique qui se trouve remis en question.