Portrait : Baptiste Hersand, le jeune pâtissier de Poitiers qui séduit les réseaux sociaux

Dernière mise à jour : 23 octobre 2025


À 19 ans, il façonne ses créations depuis la cuisine familiale et rêve d’intégrer Ferrandi

À seulement dix-neuf ans, Baptiste Hersand s’est déjà frayé une place dans l’univers de la pâtisserie artisanale. Depuis la cuisine de la maison familiale à Poitiers, il confectionne ses desserts qu’il livre ensuite à des particuliers conquis par ses créations. Le 20 août 2025, ce jeune poitevin confiait ses espoirs et ses doutes, à un mois de franchir la vingtaine. « J’ai qu’une peur, c’est que tout s’arrête », avoue-t-il sans détour. Derrière ce souci se cache une volonté claire : vivre de sa passion et offrir du bonheur à travers ses gâteaux.

Un parcours marqué par des choix audacieux

Titulaire d’un bac professionnel en cuisine obtenu au lycée Kyoto de Poitiers, Baptiste avait poursuivi ses études avec un BTS afin de perfectionner son art. Pourtant, à quatre mois de l’examen final, il a choisi d’arrêter. « J’étais dans une période où tout n’allait pas bien. Les cours, l’apprentissage ne me plaisaient pas, donc je suis parti », explique-t-il en ajustant ses lunettes. Cette décision radicale ne signifiait pas un renoncement, mais bien un repositionnement. Loin d’abandonner, il s’est lancé dans l’aventure entrepreneuriale en créant sa propre carte de desserts.

Une carte créative et renouvelée

Chaque mois, le jeune pâtissier imagine de nouvelles recettes pour surprendre sa clientèle. Ses premières propositions s’illustrent par leur originalité : cabosses de cacao, tartes rhubarbe-citron vert ou encore pistache-framboise. « J’essaye de me renouveler chaque mois », affirme-t-il, convaincu que la diversité est la clé pour fidéliser ses clients. Ses créations témoignent d’un goût pour l’innovation et d’un sens certain de l’esthétique, qui rappelle ses modèles, Danny Khezzar et Nina Métayer, deux figures de la nouvelle génération de pâtissiers français.

Les réseaux sociaux comme tremplin

Conscient de l’importance de la visibilité à l’ère numérique, Baptiste a investi dans un trépied et s’est mis à filmer ses préparations. Face à l’objectif, il présente ses desserts, partage des astuces et donne des conseils pratiques. « La cuisine, c’est aussi ça, c’est le partage. Ma vocation, c’est de rendre les gens heureux », dit-il, une douille à la main. En trois mois, son compte Instagram Hersand Pâtisserie a attiré plus de 3.200 abonnés. Une croissance fulgurante qui lui permet d’obtenir de plus en plus de commandes. Prochainement, il devra préparer vingt pâtisseries pour un seul client, une étape qui confirme l’essor de son activité.

Un avenir encore incertain

Derrière cet engouement, Baptiste reste lucide sur les défis qui l’attendent. « C’est assez exponentiel, je gagne énormément d’abonnés, mais comment faire pour me renouveler et garder leur intérêt ? » s’interroge-t-il. Ces doutes ne l’empêchent pas de nourrir un projet ambitieux : intégrer dans les prochaines années l’école Ferrandi à Paris, l’une des plus prestigieuses formations en pâtisserie. « Si je suis le cursus, ce sera en alternance, parce que je n’ai pas l’argent pour y entrer pour l’instant », dit-il avec un sourire. Car pour l’heure, son travail lui rapporte à peine une centaine d’euros par semaine, une somme modeste en comparaison du temps et de l’énergie consacrés.

Un rêve porté par la passion

Malgré les incertitudes financières, Baptiste ne lâche rien. Chaque pâtisserie réalisée est pour lui un pas supplémentaire vers son rêve. Son souhait est clair : continuer à développer son activité, fidéliser ses clients et un jour rejoindre les bancs de Ferrandi pour se perfectionner aux côtés des meilleurs. En attendant, il poursuit son apprentissage en autodidacte, expérimentant de nouvelles saveurs et affinant ses techniques. Les habitants de Poitiers peuvent déjà goûter à ses desserts sur commande, tandis que ses abonnés suivent son évolution sur les réseaux.

Une nouvelle génération de pâtissiers

À travers son parcours, Baptiste Hersand illustre la nouvelle génération de jeunes artisans qui n’hésitent pas à bousculer les codes. Utilisation des réseaux sociaux, proximité avec la clientèle, renouvellement constant des cartes : son approche traduit un mélange de tradition et de modernité. S’il n’a pas encore les moyens financiers de ses ambitions, il dispose de l’atout le plus précieux : une passion inébranlable. Une passion qu’il partage au quotidien avec ses abonnés et ses clients, convaincu que, pour lui, la pâtisserie est bien plus qu’un métier, c’est une vocation.

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