Le Cendre (Puy-de-Dôme) : la fermeture du Craquant laisse le centre sans boulangerie

Dernière mise à jour : 23 octobre 2025

À retenir

  • Le Craquant a fermé le 31 août 2025, après un contrôle sanitaire et un dépôt de bilan.
  • Le coût des travaux de mise aux normes était estimé entre 40 000 et 60 000 euros.
  • Un dépôt de pain provisoire a été installé chez le chocolatier-pâtissier Martial Ray.
  • La mairie cherche un repreneur pour maintenir une boulangerie en centre-bourg.

Une ville privée de ses deux boulangeries

Le Cendre, commune de 5 600 habitants dans le Puy-de-Dôme, vivait depuis toujours avec deux boulangeries. L’une, située avenue Centrale, fonctionnait depuis plus d’un siècle. L’autre, Le Craquant, avait ouvert dans les années 1970, rue du Moulin. Mais en 2025, les deux rideaux se sont baissés. L’enseigne Mariette a cessé son activité il y a plusieurs mois. Le Craquant a fermé ses portes le 31 août. Pour les habitants, le cœur du centre-ville s’est brutalement retrouvé sans boulangerie.

Un contrôle sanitaire lourd de conséquences

Au printemps, la Direction départementale de la protection des populations a contrôlé Le Craquant. Les inspecteurs ont imposé une mise en demeure assortie de lourds travaux de mise aux normes. Le gérant a fait établir deux devis. Le montant des travaux variait entre 40 000 et 60 000 euros. Cette somme dépassait largement ses capacités financières. L’artisan a donc pris la décision difficile de déposer le bilan et de cesser son activité à la fin de l’été.

Un choc pour les habitants et la mairie

La fermeture de la boulangerie a créé un vide immédiat. Trouver du pain est devenu compliqué pour les habitants du centre. Le maire, Hervé Prononce, a reconnu l’urgence de la situation. Il a multiplié les contacts pour éviter une pénurie. Dès le 2 septembre, une solution provisoire a vu le jour. Le Fournil de Jean, situé dans une commune voisine, a accepté de fournir le pain. Le chocolatier-pâtissier Martial Ray a transformé sa boutique en dépôt. Des étagères en bois accueillent baguettes et pains au seigle. Magalie Ray, la gérante, a constaté la satisfaction des premiers clients. Ils ont exprimé leur soulagement et leur reconnaissance.

Un service qui va au-delà des particuliers

La boulangerie fermée alimentait aussi la cantine scolaire et la maison de retraite du Cendre. Chaque jour, elle livrait trente pains à la cantine et plusieurs baguettes à l’Ehpad. Le maire a trouvé un accord avec Le Fournil de Jean pour assurer ces livraisons. Cette continuité de service garantit un approvisionnement régulier pour les structures collectives. Elle évite des difficultés supplémentaires pour les enfants et les personnes âgées.

Une réflexion sur l’avenir du commerce

La municipalité souhaite maintenant trouver une solution durable. Hervé Prononce rappelle qu’il existe depuis quinze ans une politique de redynamisation du centre-bourg. La place Grassion-Fredot a été remodelée et plusieurs murs ont été rachetés par la ville. Les loyers proposés aux commerçants restent modérés pour attirer de nouvelles activités. L’idée est de rassembler les commerces autour de cette place afin de créer un véritable pôle de vie. Dans ce contexte, la mairie envisage d’y rapatrier une boulangerie. Elle reste à l’affût d’opportunités et garde en tête la possibilité de racheter les murs de la boutique du Craquant.

Quel avenir pour l’ancienne boulangerie Mariette ?

L’autre boulangerie du Cendre, située avenue Centrale, reste fermée depuis plusieurs mois. Son bail arrive à échéance le 31 décembre 2025. Si aucun repreneur ne se manifeste d’ici là, Auvergne Habitat projette d’y aménager une résidence seniors de 25 lits. Ce projet permettrait de réutiliser les locaux mais ne répondrait pas aux besoins alimentaires de la population. Les habitants espèrent qu’un boulanger reprendra le flambeau avant cette échéance.

Un attachement fort au pain de village

Le pain reste un élément central de la vie quotidienne. Dans une commune comme Le Cendre, la boulangerie représente plus qu’un commerce. Elle constitue un lieu de rencontre et un symbole de convivialité. La fermeture du Craquant a touché les habitants. Beaucoup comprennent la difficulté financière du gérant mais regrettent la disparition d’un lieu familier. La solution du dépôt de pain répond à l’urgence mais ne peut remplacer l’ancrage d’une boulangerie artisanale au cœur du village.

Vers une nouvelle dynamique ?

Le maire reste optimiste. Il croit en la possibilité de voir un repreneur s’installer. La municipalité est prête à accompagner un projet, que ce soit par l’achat de murs ou par des loyers adaptés. Elle souhaite que la commune retrouve deux boulangeries, comme par le passé. Cette ambition s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer l’attractivité du centre. L’avenir du Craquant et de l’ancienne Mariette symbolise donc un enjeu collectif : maintenir des commerces de proximité et préserver l’âme du Cendre.

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