Chéreng (Nord) : la boulangerie Tartine et Biscotte baisse le rideau, troisième fermeture en sept ans

Dernière mise à jour : 23 octobre 2025

En bref

  • Lieu : Boulangerie rue Clotaire-Duquennoy à Chéreng (Nord).
  • Établissement : boulangerie Tartine et Biscotte, ouverte en juillet 2024.
  • Situation : fermeture en août 2025, après moins d’un an d’activité.
  • Contexte : troisième fermeture en sept ans, malgré le rachat municipal en 2018 pour 400 000 €.
  • Causes : matériel vétuste, dettes, difficultés de gestion et clientèle insuffisante.

Sommaire

1. Un commerce racheté par la commune

En 2018, la mairie de Chéreng a déboursé 400 000 euros pour racheter la boulangerie située rue Clotaire-Duquennoy. L’achat comprenait la boutique, l’atelier et le logement attenant. L’objectif était clair : préserver un commerce de proximité essentiel pour la vie du village.

Sept ans plus tard, la cellule commerciale traverse une véritable série noire, marquée par trois fermetures successives. La dernière en date concerne la boulangerie Tartine et Biscotte, qui n’aura tenu que treize mois.

2. Trois boulangers en sept ans

Depuis le rachat municipal, trois artisans se sont succédé. En 2019, Laura et James Foulon reprennent le flambeau après leurs années d’apprentissage auprès des Cazeele, anciens boulangers restés en place treize ans. Mais l’aventure s’arrête en 2021.

C’est alors Arnaud Marie-Louise, déjà propriétaire d’une boulangerie à Wasquehal, qui se lance. Mais là encore, l’expérience tourne court. Enfin, en juillet 2024, Rudy Saelen ouvre Tartine et Biscotte. Moins d’un an plus tard, le rideau tombe à nouveau.

3. Le parcours difficile de Rudy Saelen

Pour Rudy Saelen, la reprise de la boulangerie relevait d’un rêve. Ce professionnel, entré dans le métier à 14 ans, quitte Hellemmes avec sa famille pour s’installer derrière la boutique. Mais rapidement, la réalité le rattrape. Selon lui, le local cachait de nombreux vices.

En moins d’un an, l’aventure tourne au cauchemar. Avec moins de 100 clients par jour, impossible de maintenir l’activité.

4. Des problèmes techniques et financiers

Le principal problème concerne le four. Vieux de plus de cinquante ans, alimenté au fuel, il n’était plus aux normes et représentait un danger. Rudy Saelen explique qu’il dégageait des fumées toxiques et provoquait de forts maux de tête. Son remplacement aurait coûté environ 60 000 euros, une somme impossible à engager.

À cela s’ajoutent des machines vétustes, des dettes de plus de 5 000 euros laissées par le prédécesseur et des difficultés avec un ancien employé. Après sa démission, l’épouse de Rudy a rejoint l’entreprise, mais sans parvenir à inverser la tendance.

5. Quel avenir pour ce local ?

Le maire de Chéreng, Pascal Zoute, tient à relativiser. Il estime que la commune n’est pas saturée par la concurrence, même si une autre boulangerie existe dans la commune et qu’une enseigne s’est installée récemment à Anstaing. Pour lui, les causes des échecs sont individuelles et non structurelles.

Il souhaite que le prochain repreneur soit à nouveau un boulanger ou, au minimum, un commerçant. Mais après trois fermetures en sept ans, la tâche s’annonce délicate. La cellule municipale, censée sauver un commerce vital, reste aujourd’hui à la recherche d’un avenir viable.

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